| C'était au temps des Barbelés |


C'était au temps des Barbelés
Te s
ouviens-tu
du
bruit de tes sabots
sur ce désert de l'appelplatz
de
cette peur que tu avais au ventre
t
u la portais en t'injuriant
des hurlements des chiens nazis de Mauthausen de l'uniforme très élégant des officiers
et leur sourire plein d'idéal
quand
ils donnaient l'ordre de mort.


C
'était au temps des barbelés
Tu
n'avais que ta jeunesse
contre ce grand Reich de 1000 ans rien que ton poing fermé naufragé comme message
sur la
mer de toutes les armes rien que ton souvenir d'amour
au pre
mier jour des bombardiers

C'était au temps des barbelés Et tant de jours et tant de nuits appuyés aux
frères d'épaule vous avanciez un pas encore
ve
rs l'interminable mystère du vivre ou du mourir

Céta
it au temps des barbelés Ils sont là encore ancrés
à retenir le souvenir
tu
cherches à te couvrir la tête

Te souviens-tu
d
e ces chansons
q
ui parlaient des printemps passés
te
souviens-tu de ces parfums de joues de femmes qui t'emportaient si loin
jus
qu'aux portes du crématoire
te s
ouviens-tu de ces chansons
qui r
essemblaient à des printemps
te
souviens-tu de ces parfums...

C'était au temps des barbelés
Te souviens-tu
des quatre mille têtes baissées
l
es regards fixés sur la terre
pour ne pas voir le camarade qu'on allait pendre sous l'injure de la fanfare

Te souviens-tu
des Musulmanes
t
raînant leurs peaux et leurs os vides sur le chemin du non retour
Te souviens-tu de tous ces ves
d
e ces sueurs, ces agonies

C
tait au temps des barbelés
Te souviens-tu
d
'Apollinaire
surgissant la nuit de Noël de la moire d'un ami
tout éton de vivre encore

Te souviens-tu
de ton visage vide
devant les yeux des assassins alors que tout ton sang
tes
tripes, ta salive hurlaient de rage et de mépris pour tous ces dieux absents du
te
mps des barbelés

Il t
e faudra un temps de vie pour oublier la puanteur
de
s plaies ouvertes pour la gloire de cette race des seigneurs

Il
te faudrait vingt ans encore
o
u trente ou cent cinquante
pou
r assécher quelque part au fond de toi les rouilles d'âmes
la
issées par les crochets des barbelés

M
ais si longue que soit ta route tu ne pourras pas oublier.
Q
u'importe si au moins l'un de tes enfants sait conserver le souvenir
d
u temps sacré des barbelés




Arthur Haulot, Septembre 2002
# Posté le mercredi 16 avril 2008 09:20
Modifié le mercredi 16 avril 2008 10:10

| Carmelo |

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# Posté le mercredi 16 avril 2008 15:01

| Julie |

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# Posté le mercredi 16 avril 2008 15:01

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# Posté le mercredi 16 avril 2008 15:02

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# Posté le mercredi 16 avril 2008 15:03